dimanche 24 mai 2009

Des économistes soutiennent le Front de Gauche

Ils sont quinze dont trois universitaires de Lille-I à avoir signé une contribution dans Le Monde, qui appelle les citoyens à dire, comme en 2005, stop au dirigisme libéral.

• Ils sont quinze économistes (1) à avoir signé une contribution collective dans le journal Le Monde de samedi dernier. Parmi eux, Florence Jany-Catrice, Richard Sobel et Franck Van de Velde, universitaires à Lille-I. Ces économistes « non libéraux » mais pas moins sérieux pour autant, dénoncent l’objectif de concurrence libre et non faussée, rejeté par les Français en 2005, mais qui figure toujours dans le traité de Lisbonne via un protocole, et qui fait que ce traité «organise donc, de façon méthodique, la soumission de tous les instruments d'intervention publique aux principes du marché ».
« Les gouvernements utilisent depuis longtemps l'UE pour introduire des mesures qu'ils peuvent difficilement imposer directement faute d'assentiment populaire. C'est une première entorse à la démocratie. Il en est une autre, écrivent les signataires du texte, aussi grave qui renvoie au jeu propre des institutions européennes. Au fil des décennies s'y est constituée une véritable bureaucratie pour qui le libéralisme économique est devenu une seconde langue. Sachant que le ralliement des gouvernements est potentiellement fragile, puisqu'ils sont soumis à la sanction des élections, elle leur impose le plus étroit des corsets. Cela explique la frénésie de détails des traités. Le libéralisme économique et le dirigisme politique font décidément bon ménage ». « La crise ne peut être une méthode permanente de gouvernement, écrivent-ils encore. Mais il est des situations qui ne peuvent être débloquées que par des crises. La construction européenne relève clairement de ce cas de figure. Le non lors du référendum de mai 2005 a été une étape en ce sens. Malgré les menaces agitées, il ne s'est pas traduit par un cataclysme économique. Ce dernier est venu ensuite, et chacun s'accorde à dire qu'il vient du libéralisme... que les traités portent au pinacle. De même, un plan B était possible. Les gouvernements en ont trouvé un, à leur façon, avec le traité de Lisbonne, explicitement soutenu par les partis socialistes, et qui, loin d'être "simplifié", reprend la quasi-totalité des dispositions de la Constitution. C'est donc aux citoyens qu'il revient, à nouveau, de dire stop. Les élections européennes en offrent l'occasion ». Les signataires précisent qu’ils ne sont membres ni du Parti communiste ni des courants du Parti socialiste ayant donné naissance au Parti de gauche. « Avec d'autres, ces partis ont lancé un Front de gauche afin de prolonger la dynamique unitaire du référendum. L'urgence qu'il y a à dessiner des alternatives au capitalisme libéral mérite mieux en effet que la défense de son pré carré. En gardant notre indépendance d'esprit, nous soutenons cette initiative » déclarent-ils.


1) Bruno Amable (Paris-I), Mathieu Béraud (Nancy-II), Anne Eydoux (Rennes-II), Florence Jany-Catrice (Lille-I), Thierry Kirat (CNRS), Jérôme Maucourant (Saint-Etienne), Jacques Mazier (Paris-XIII), Matthieu Montalban (Bordeaux-IV), Stefano Palombarini (Paris-VIII), Christophe Ramaux (Paris-I), Jacques Sapir (EHESS), Richard Sobel (Lille-I), Nadine Thévenot (Paris-I), Bruno Tinel (Paris-I), Franck Van de Velde (Lille-I).

dimanche 22 mars 2009

A Bas la Calotte, 22 Mars 2009





Extrait de: "A bas la calotte !"
Idéologie papale / dimanche 22 mars par Renaud Chenu sur www.bakchich.info

Il est curieux de voir avec quel déchaînement on s’abat sur ce pauvre pape qui ne fait qu’ânonner la doctrine officielle de l’Église. Sur le génocide des juifs, l’avortement ou le préservatif, l’Église n’a jamais montré un autre visage que celui affiché en ce moment. Rappelons que lorsque Jean-Paul II se rendait en Afrique, il racontait les mêmes conneries criminelles.

Le Pardon aux juifs de Jean-Paul II en 2000 : « Nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui ont fait souffrir vos enfants et, en demandant votre pardon, nous souhaitons nous consacrer à une vraie fraternité avec le peuple de l’Alliance », n’avait rien d’une reconnaissance de la responsabilité de l’Église (fuite de nombreux nazis en Amérique Latine à la fin de la guerre via le Vatican du riant Pie XII).

L’interdiction dogmatique de l’avortement ne saurait souffrir aucune exception. Que la vie d’une gamine de neuf ans, victime de viol, soit en danger n’est pas la question. Quand l’embryon est là, la vie est là, donc la volonté de dieu s’est exprimée, et quel homme peut remettre en cause la volonté divine ? Non mais…

La volonté de ce Pape, depuis son investiture, a été de rassembler toute l’Église. Dans l’Église de France, cela s’est manifesté par la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X (fondée par Marcel Lefebvre, chef des commandos anti-avortements en France dans les années 70 et ordonnateur d’évêques sans l’aval du Pape en 1988, ce qui a valu à lui et ses évêque d’être dégagés fissa) et de celle de monseigneur Gaillot, chacun représentant ce qu’on pourrait appeler l’extrême droite et l’extrême gauche indociles de l’Église de France. Rien de neuf donc dans sa volonté de ne pas excommunier l’évêque Williamson. Rien de neuf sur l’avortement, et rien de neuf sur la capote.

jeudi 19 mars 2009

19 Mars 2009

Oui, ça fait du bien...

dimanche 8 mars 2009

Antilles, Février 2009


Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé le Manifeste pour les "produits" de haute nécessité.

un extrait:"Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme."

Le manifeste sur Afrik.com

vendredi 6 mars 2009

Claude Levi Strauss, 1955


Dans Tristes tropiques,il écrit : « L'humanité s'installe dans la monoculture ; elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat. » Des mots qui, à l'heure de la globalisation, sonnent désespérément juste.

lundi 16 février 2009

Jean de Salisbury, XIIe Siècle



" Illiteratus rex quasi asinus coronatus est "

" Un roi illettré est comme un âne couronné "

voir message du 24 janvier

dimanche 8 février 2009

Malraux, 7 Mars 1948


André Malraux dénonçait dans ce discours: "...la foire aux bonnes intentions où un gouvernement idéal serait celui d'une entreprise de sondage qui aurait le mieux découvert les aspirations des citoyens. Après quoi, on élirait ce gouvernement de cocagne et il n'y aurait plus qu'à attendre la catastrophe..."

jeudi 5 février 2009

Retirada, 5 Février 1939


"LA RETIRADA"

Le 26 janvier 1939, Barcelone tombe aux mains des franquistes. Les vaincus, ce sont les républicains, après trois ans d’une guerre civile qui a ensanglanté toute l’Espagne. Poussés par la mitraille, civils, militaires fuient vers la frontière pour se réfugier en France. Le 27 janvier la frontière est ouverte, les premiers réfugiés civils entrent en France, pendant que les derniers combattants continuent la lutte jusqu’au début du mois de février où sonne l’heure de la "Retirada", devant l’arrivée de près d’un demi-million de personnes les autorités françaises choisissent de concentrer les réfugiés près de la frontière pour éviter qu’ils ne se dispersent et pouvoir ainsi les contrôler.

Le 5 février 1939 le gouvernement français décide de laisser entrer ce qui reste de l’armée républicaine. Des familles sont séparées. Pour les hommes on ouvre des camps sur les plages à Argelès et à Saint Cyprien notamment. Ce sont des camps de concentrations construits par les républicains eux-mêmes. Ces camps sont barbelés, la surveillance est assurée par des tirailleurs sénégalais et des gardes mobiles Les familles se cherchent. Les hommes sont passés avec l’armée, les femmes de leur côté avec les enfants. Il a neigé cet hiver. Les conditions sont terribles, à pied au travers de la montagne...

Un site sur la guerre d'espagne

mercredi 4 février 2009

Paul Nizan, 1905-1940


Nizan, c'était un trouble-fête. Il appelait aux armes, à la haine: classe contre classe; avec un ennemi patient et mortel, il n'y a pas d'accompa-gnements; tuer ou se faire tuer: pas de milieu. Et ne jamais dormir. Il avait répété toute sa vie, avec une gracieuse insolence, le regard baissé sur ses ongles: ne croyez pas au père Noël. [.]
Nous voulions écrire l'un et l'autre. Il publia son premier livre bien avant que je trace un mot du mien. A l'époque où parut la Nausée, si nous eussions prisé ces présentations solennelles, ce fut lui qui m'eût préfacé. C'est la mort qui a renversé les rôles. [.]
Son portrait, j'eusse été capable de le faire: taille moyenne, cheveux noirs. Il louchait, comme moi, mais en sens inverse, c'est-à-dire agréablement. Le strabisme divergent faisait de mon visage une terre en friche; le sien convergeait, lui donnant un air de malicieuse absence même quand il nous prêtait attention." Jean-Paul Sartre. Avant-propos de la réédition d'Aden Arabie Maspero, 1960.

Paul Nizan: ADEN ARABIE, 1931, « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde.
À quoi ressemblait notre monde ? Il avait l'air du chaos que les Grecs mettaient à l'origine de l'univers dans les nuées de la fabrication. Seulement on croyait y voir le commencement de la fin, de la vraie fin, et non de celle qui est le commencement d'un commencement.»

dimanche 1 février 2009

mercredi 28 janvier 2009

Izrael Kamakawiwo Ole, 1959-1997

Vous connaissez sa reprise d' "Over the Rainbow".
Israel Kamakawiwo Ole s'est toujours battu pour l'indépendance d'Hawaï. Ses cendres sont remises à l'océan à la fin du clip.

samedi 24 janvier 2009

La Princesse de Clèves, 1678


Nicolas Sarkozy: « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »
Réponse de Madame de Lafayette: Toutes mes résolutions sont inutiles; je pensais hier tout ce que je pense aujourd'hui et je fais aujourd'hui tout le contraire de ce que je résolus hier.
La Princesse de Clèves (1678)
-Ecouter La princesse de Clèves
-Lire La Princesse de Clèves

mercredi 14 janvier 2009

Patrick McGoohan, 1928-2009



Cette série TV décrit notre monde actuel, à voir sans modération. Il est hélas trop tard. Nous sommes déjà " pushed, filed, stamped, indexed, briefed, debriefed, or numbered!"
Visitez Portmerion, le lieu du tournage au pays de Galles.

jeudi 1 janvier 2009

Renaud Séchan, 1975


vidéo de la tournée 2007

HEXAGONE: Cette chanson sort sur l'album "Amoureux de Paname", en 1975. Le titre remporte un grand succès, malgré la censure imposée alors.

Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autr' côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand.

On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que l'printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
j'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Français criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient : "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camenbert
c'est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ça soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.

lundi 22 décembre 2008

Noël, 2008

le meilleur chant de Noël:

dimanche 21 décembre 2008

Robert Desnos, 1900-1945


8 février 1944:

« Ce que j'écris ici ou ailleurs n'intéressera sans doute dans l'avenir que quelques curieux espacés au long des années. Tous les vingt-cinq ou trente ans on exhumera dans des publications confidentielles mon nom et quelques extraits, toujours les mêmes. Les poèmes pour enfants auront survécu un peu plus longtemps que le reste. J'appartiendrai au chapitre de la curiosité limitée. Mais cela durera plus longtemps que beaucoup de paperasses contemporaines. »

Œuvres, Robert Desnos, Gallimard, Quarto, 1999, nouvelle édition.

Des poèmes et une biographie très rapide: cliquez

vendredi 19 décembre 2008

Gerda Taro, 1911-1937


Gerda Pohorylles, dite Gerda Taro, née le 1er août 1910 à Stuttgart, morte le 28 juillet 1937 pendant la bataille de Brunete en Espagne est une photographe allemande connue notamment pour ses reportages sur la Guerre d'Espagne.
Ses convictions politiques antifascistes allaient de pair avec son engagement artistique.

Diaporama du NY Times: cliquez

Article et diapos de l'International Center of Photography: cliquez

John Donne, 1572-1631


"Nul homme n'est une Ile complète en soi-même; tout homme est un morceau du Continent, une part du tout; si une parcelle de terrain est emportée par la Mer, l'Europe en est lésée, tout de même que s'il s'agissait d'un promontoire, tout de même que s'il s'agissait du Manoir de tes amis ou du tien propre, la mort de tout homme me diminue parce que je suis solidaire du genre humain. Ainsi donc, n'envoie jamais demander: pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi."

Introduction de "Pour qui sonne le Glas", E. Hemingway, 1940